Départ de Messi : et si la séparation était une aubaine pour le joueur et pour le Barça ?



C’est le feuilleton du jour, ce sera peut-être celui de la semaine et si les rumeurs les plus folles se concrétisent, ce sera forcément celui de l’année : Lionel Messi veut quitter le Barça gratuitement, l’a fait officiellement savoir et aurait même appelé Pep Guardiola pour qu’il lui fasse une place au chaud dans son nid mancunien. A supposer que tout ceci est vrai, que Messi n’a pas entrepris ses démarches juste pour faire pression sur sa direction et qu’il va bel et bien quitter le Barça, pour qui serait-ce une mauvaise nouvelle ? Est-ce que les deux parties ne pourraient pas sortir gagnantes de cette séparation ?

Lionel Messi n’a connu qu’un club dans sa carrière. Il y est arrivé à 13 ans, il en a 33 aujourd’hui. Dans un mois, il fêtera ses 20 ans de contrat avec le FC Barcelone, et au fil de temps, les deux se sont nourris jusqu’à se confondre. Messi est le Barça, le Barça est Messi. L’armoire à trophée déborde : 10 fois champion d’Espagne, 4 fois vainqueur de la Ligue des champions, un total vertigineux de 33 trophées, c’est un palmarès inouï que la Puce présente. Un palmarès qu’il a bâti en 15 ans, voyant défiler autour de lui les plus grands joueurs de la planète et les reléguant les uns après les autres à des seconds rôles. Ronaldinho l’a accueilli en équipe première puis a décliné, Ibrahimovic n’aura tenu qu’un an avant de se voir indiquer la porte. Alexis Sanchez n’a pas persisté, Neymar a fini par vouloir la tête d’affiche pour lui tout seul et s’en est allé, Griezmann n’a pas trouvé le moyen de cliquer avec l’Argentin et goûte au banc plus souvent que son statut ne le laisserait supposer. Dans sa carrière, Messi a mis tout le monde d’accord, et ceux qui ne l’étaient pas n’ont eu qu’à aller voir ailleurs. Son influence immense sur le vestiaire (ne lui a-t-on pas reproché, à une certaine époque, des échanges de SMS avec les coachs dans lesquels il détaillait les joueurs qu’il voulait voir débuter à côté de lui ?) en a fait un monstre incontournable, qui a répondu à chaque moment de remise en question de son statut par les buts.

Mais les détracteurs, souffleurs de braise de la rivalité Cristiano – Messi, posent toujours une réserve par rapport à la carrière de l’Argentin : il n’a jamais brillé ailleurs qu’au Barça. Contrairement à Ronaldo qui a remporté l’Euro 2016 (et dans une moindre mesure la Nations League…) avec son Portugal natal, Messi n’a jamais rien gagné avec l’équipe nationale argentine, les Jeux Olympiques 2008 étant considérés comme un trophée espoirs. L’heure est-elle venue d’aller se frotter à un autre championnat, à d’autres tactiques, d’autres défenseurs, d’autres rythmes ? Et de se mettre en danger pour aller chercher un septième Ballon d’or qui le placerait au-dessus de Cristiano Ronaldo dans cette course à la gloriole. Pour prouver qu’il est bien, comme les Catalans le pensent, le meilleur joueur de football de tous les temps.

Messi gagne de l’argent. Beaucoup d’argent. 40 millions d’euros par an. C’est un montant abyssal – le plus gros salaire du monde pour un joueur de football —. Ces dernières années, le Barça a enchaîné les flops sur le marché des transferts. 145 millions pour Philippe Coutinho, prêté au Bayern. 140 millions d’euros pour Ousmane Dembélé, régulièrement blessé, 120 millions pour Griezmann, fantomatique depuis son arrivée. Ajoutez-y des incongruités comme André Gomes (40M€), Malcom (40M€), Paulinho (40M€), vous comprendrez vite que la planche à billets a tourné trop fort pour trop peu de résultats. Depuis la saison 2015 et le fameux triplé remporté par Luis Enrique, le Barça n’a plus jamais atteint la finale de la Ligue des champions. Pire, il a subi les humiliations contre l’AS Rome (2018), Liverpool (2019) et plus récemment le Bayern Munich (défaite 8-2 en quart de finale), sans doute le tournant dans la décision prise par Messi de quitter son navire. Certes, la domination nationale n’est pas contestée (le Barça a remporté 8 titres en Liga sur les 12 derniers attribués) mais l’écrin européen pâlit froidement. Cette débauche d’argent s’est parfois faite au détriment de ce qui fit pourtant la force du Barça : la formation de ses jeunes. "Comme les transferts coûtent cher, il faut les faire jouer". Les jeunes eux, n’ont qu’à aller s’aguerrir ailleurs. Au fil du temps, la Masia n’est plus parvenue à alimenter le noyau A. La fabrique de talents catalans continue de toussoter, et n’a plus jamais réussi à sortir des joueurs de la trempe des Piqué, Xavi, Iniesta et Messi. L’heure est peut-être venue d’entamer un nouveau cycle, en rationalisant les coûts et en faisant confiance à cette génération qui pointe le bout de son nez, incarnée par Riqui Puig voire Alex Collado. Et résoudre la sensation de vide que procurera quoiqu’il arrive un départ de Messi en faisant revenir le Barça à ses fondements : la formation de ses jeunes talents, sous l’égide de Saint Johan. Le temps de l’ère dorée du Barça guardiolesque est bientôt révolu, peut-être vaut-il mieux programmer sa mort que de constater hagard son terrible déclin.

Ronald Koeman est un amoureux du Barça, il sait donc qu’il a mis les pieds dans un traquenard en acceptant de devenir l’entraîneur d’un club en pleine crise identitaire. La Catalogne brûle très vite les entraîneurs qu’elle a aimés, même ceux qui gagnent, même ceux qui ont tout gagné. Il n’y a qu’à se souvenir du départ de Luis Enrique, pourtant vainqueur du triplé en 2015, pour s’en convaincre. Il n’y a qu’à voir la manière avec laquelle Ernesto Valverde a été méprisé pendant tout son règne alors qu’il a ramené deux Ligas sur trois possibles. Il n’y a qu’à voir comment Quique Sétien est passé de "disciple de Cruyff" à "entraîneur au charisme d’employé de banque" en quelques mois à peine dans l’opinion publique. La pression sur les entraîneurs catalans est impitoyable. Un départ de Messi enverrait un signal clair pour le futur, dont Ronald Koeman pourrait être le premier architecte. Bâtir l’après-Messi est la tâche la plus difficile, mais peut-être la plus gratifiante pour un entraîneur. Il y aura des plâtres à essuyer, des larmes nostalgiques à sécher, mais un avenir à tracer pour un club qui a existé avant Messi et qui devra forcément encore lui survivre. Pour rebâtir, même sur un champ de ruines, les entraîneurs bénéficient de plus de temps. En principe, au moins…

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